Parentalité : non à une intervention accrue de l’État
- 22:00 jusqu'à 22:00
Le postulat discuté invitait le Conseil d’État à réviser l’offre actuelle des cours de préparation à la naissance. L’objectif affiché est d’y intégrer une approche globale centrée sur la parentalité pour sensibiliser les futurs parents aux enjeux de l’égalité au sein du couple et à la prévention des violences, tout en incluant activement les pères dans le suivi périnatal pour un dépistage précoce de la dépression post-partum.
Le débat suscité par cette demande soulève des questions fondamentales sur la place de l’État dans l’intimité des foyers. Si l’intention de soutenir les familles face aux défis de la santé mentale et de l’équité est en soi louable, le projet comporte deux problématiques majeures pour notre groupe : le recul de la responsabilité individuelle et une stigmatisation ciblée de la figure paternelle.
L’argument premier contre ce postulat réside dans la défense de la sphère privée et du libre arbitre. La parentalité doit demeurer le domaine de la responsabilité individuelle. Vouloir systématiser un cadre d’égalité « standardisé » par l’État engendre un risque de culpabilisation des parents qui souhaitent vivre cette transition selon leurs propres valeurs culturelles ou personnelles. Le passage à la parentalité n’a pas à s’inscrire dans un moule uniforme. De plus, le réseau neuchâtelois actuel (pédiatres, sage-femmes, maisons de naissance, associations) est déjà dense, compétent et assure une veille psychosociale pragmatique et de terrain. Rajouter une couche bureaucratique d’évaluation ne ferait que pathologiser des étapes de transition pourtant normales, privant les parents de la confiance en leurs propres ressources et de leur résilience naturelle. Enfin, modifier le contenu des cours actuels pour y intégrer des volets de politique d’égalité fait courir le risque d’une exclusion des remboursements de la LAMal.
Le second angle de critique réside dans la formulation même du postulat, qui fait un usage répété du terme « père », mentionné à six reprises. Cette focalisation exclusive et insistante sur la figure paternelle tend à pointer du doigt les hommes de manière unilatérale, confinant à une forme de suspicion ou de stigmatisation déplacée.
À une époque où les modèles familiaux évoluent, et dans un contexte de renforcement légitime de la lutte contre les violences domestiques, cette vision réductionniste apparaît en contradiction avec les réalités sociologiques actuelles. Pourquoi cibler spécifiquement le père au lieu d’intégrer une approche moderne, neutre et inclusive ? Pour corriger ce biais stigmatisant, notre groupe a déposé un amendement qui propose l’utilisation du terme « second parent », bien plus adapté à la diversité des structures familiales actuelles.
En conclusion, la parentalité moderne est certes complexe et exigeante, mais elle n’a besoin ni d’une intrusion étatique accrue, ni de jugements de valeur ciblés. C’est en préservant la liberté de choix et en refusant les doctrines morales que l’on soutiendra véritablement les familles neuchâteloises.
Résultat des votes : amendement accepté : 58 oui, 21 non, 19 abstentions. Postulat amendé refusé : 44 oui, 48 non, 6 abstentions.