L'éditorial du journal LN

Journal du parti libéral-radical neuchâtelois

numéro 11 -  3 avril 2020 - Editorial

Stress test pour le fédéralisme

 

Berne, le 23 mars 2020. La présidente de la Confédération, accompagnée de deux de ses collègues, reçoit les 26 présidents des exécutifs cantonaux au Bernerhof, lieu de réception prestigieux qui jouxte le Palais fédéral. Aucun ne manque à l’appel. Forcément, car le moment est solennel. La situation impose que l’on resserre les rangs. Un évènement, toute proportion gardée, que l’on pourrait comparer au fameux rassemblement des officiers suisses au Grütli, à l’invitation du général Guisan, le 25 juillet 1940. En tout cas dans sa valeur symbolique.

Le fédéralisme est une subtile mosaïque, dont les pièces ont été patiemment déposées par l’histoire. C’est dans la crise que l’on peut en mesurer la force ou, au contraire, en déplorer la faiblesse. D’où mon propos : un test de résistance (même si je ne suis pas un adepte des anglicismes, je me suis permis d’utiliser en titre l’appellation anglaise, plus percutante).

Car il s’agit bel et bien, dans la période que nous connaissons, à nulle autre pareille, de parler d’une seule voix. D’assurer une cohérence de l’activité étatique au sens large. Pour au final rassurer la population sur la capacité des autorités de faire face à la situation.

Les règles du jeu ont momentanément changé et il faut en prendre acte, au nom de l’intérêt général. Se fondant sur la loi sur les épidémies, le Conseil fédéral a pris la main. La compétence des Cantons subsiste quand la Confédération renonce à réglementer. Et les Cantons sont en outre souvent appelés comme autorités d’exécution.

Neuchâtel s’inscrit pleinement dans cette logique nouvelle. Il faut être ensemble pour être fort. Il faut éviter une cacophonie des annonces, des mesures différentes en deçà ou au-delà d’une frontière cantonale. Déjà par principe. Mais d’autant plus volontiers que le Conseil fédéral agit en l’occurrence avec détermination, pertinence et bon sens.

Membre du comité de l’influente Conférence des Cantons, j’ai le redoutable honneur d’être au front de la collaboration intercantonale. Je ne peux que saluer la justesse des décisions prises par l’exécutif fédéral. Très fortes, mais pas complètement étouffantes. Centrées sur le présent, mais dirigées vers l’avenir. Malgré les restrictions imposantes, le pays n’est pas à l’arrêt complet. Des moyens financiers importants sont injectés (et l’on n’entend plus beaucoup ceux qui reprochaient à la Confédération de mettre des noisettes de côté !).

Le fédéralisme va non seulement survivre, il sortira renforcer de l’épreuve que nous traversons.

 

Alain Ribaux, conseiller d’Etat

 

 

 

Prochaine parution :7 mai 2020