NON à l’initiative Fonds Climat
- 23:00 jusqu'à 23:00
Dominique Rochat, Responsable de projets Senior chez economiesuisse - Énergie, environnement, infrastructures et numérisation
Si l’on écoute les initiants, on a l’impression que la Suisse se tourne les pouces dans le domaine du climat. Cela n’est pas le cas. Les Suisses ont récemment adopté l’objectif zéro émission nette d’ici 2050, notre taxe sur le CO2 est presque la plus chère du monde et il y a depuis longtemps toute une palette de mesures d’incitation et de soutien. Les initiants regorgent d’idées pour dépenser, mais n’en proposent aucune pour financer.
Cette question du financement est la principale raison pour laquelle economiesuisse dit NON à cette initiative.
Damien Cottier, Conseiller national et Président UNAM
Les initiants et la gauche jouent à "Qui veut dépenser des milliards?". Il ne présentent aucune solution sur la manière de financer de telles dépenses autrement que par l’impôt ou l’endettement au détriment des générations futures !
L'initiative engendrerait une hausse des dépenses en matière de climat, d’un facteur de deux à quatre par rapport aux deux milliards investis aujourd’hui par les collectivités publiques chaque année.
Le parlement s’est très majoritairement opposé à ce texte : deux-tiers de non au National et trois-quarts de non aux Etats. L'initiative remplacerait par des subventions tout un bouquet de mesures qui existent actuellement, parmi lesquelles des incitations, des obligations, des interdictions, des taxes et des subsides ainsi que de nombreux investissements du secteur privé. Dynamiter ce système qui a fait ses preuves pour le remplacer uniquement par des milliards de subventions fédérales reviendrait à utiliser l’argent du contribuable de manière peu efficace, en créant des effet d’aubaine qui financeront des projets actuellement financés par le secteur privé.
La volonté des initiants de contourner le frein à l’endettement a également fait l’objet de critiques vives au Parlement: il faut éviter de (re)tomber dans une spirale infernale avec une dette qui explose, à l’instar des pays voisins, ce qui serait négatif pour la compétitivité du pays.
Le risque est par ailleurs que ces dépenses gigantesques doivent être financées par une hausse de la fiscalité, ce qui équivaudrait à deux points de TVA, or le Conseil fédéral souhaite déjà rehausser celle-ci pour d’autres projets comme la 13e rente, les transports ou la défense. Cela risque d’engendrer une perte de compétitivité ainsi qu’une perte encore accrue du pouvoir d’achat pour les Suisses en particulier pour la classe moyenne.
Non à un projet peu abouti qui risque d’entraîner une hausse de l’endettement et de la fiscalité sur le dos de la classe moyenne!
Gregory Huguelet-Meystre, Président PLRN
L’initiative pour un fonds climat contournerait durablement le frein à l’endettement, créant une exception incompatible avec les règles budgétaires suisses et générant jusqu’à 10 milliards de dettes par an (200 milliards d’ici 2050). Une telle dérive fragiliserait la stabilité financière assurée depuis plus de 20 ans par ce mécanisme. En absorbant jusqu’à 10 % du budget fédéral, le fonds priverait des domaines essentiels — sécurité, formation, recherche, infrastructures, agriculture, politique sociale — de ressources déjà limitées. Il instaurerait une concurrence préjudiciable entre priorités publiques et financerait des subventions jugées inefficaces. Le PLRN rejette ainsi une initiative qui affaiblirait la discipline budgétaire et mettrait sous pression les missions centrales de la Confédération.