Retour de la session du 24 mars 2026

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Le Grand Conseil a tranché : à défaut de gratuité généralisée, les jeunes de moins de 25 ans bénéficieront dès 2026 d’un rabais de 66 % sur les abonnements Onde Verte. Ce compromis, issu de longues négociations, illustre un recentrage pragmatique de la politique des transports. Entre contraintes légales, impératifs financiers et visions divergentes, le Parlement a privilégié une approche ciblée, marquant la fin d’un débat de près d’une décennie et ouvrant la voie à une phase d’expérimentation.

Focus

Transports publics (21.003)

Le Grand Conseil a validé le 24 mars un projet pilote de deux ans : dès la rentrée 2026, les jeunes jusqu’à 25 ans bénéficieront d’un rabais de 66 % sur les abonnements Onde Verte. Un compromis qui met fin à près de neuf ans de débats autour de la gratuité des transports publics.

Pour le groupe PLR–Le Centre, cette issue marque avant tout un retour à la réalité. « Le projet universel est devenu un projet ciblé.
La gratuité est devenue un rabais partiel », a résumé le député Gregory Huguelet-Meystre lors de la session. Le contraste avec les ambitions initiales est assumé. À l'origine, il était question d’offrir la gratuité à l’ensemble de la population. Une idée « séduisante », mais jugée rapidement irréaliste et incompatible avec le cadre légal fédéral. « Les usagers doivent continuer à supporter une part significative des coûts », a insisté le député.

Un compromis forgé sous contrainte
Le texte adopté – un rabais de 66 % pour tous les jeunes de moins de 25 ans – est le fruit de discussions longues et parfois tendues. Validé par 66 voix contre 27, il prévoit un investissement de 14,5 millions de francs pour tester, pendant deux ans, l’effet de cette incitation sur l’usage des transports publics. Pour le PLR, ce compromis ne relève pas d’un simple consensus politique, mais d’un « atterrissage forcé » face aux contraintes juridiques et financières. « L’ambition initiale a dû se plier aux exigences du droit, du financement et de la soutenabilité », a souligné Gregory Huguelet-Meystre. Alors que certains militaient pour une approche plus sociale, incluant notamment les bénéficiaires de prestations complémentaires, le groupe PLR–Le Centre a défendu une logique différente : celle d’une politique de transport.

Nos positions sur les autres objets traités durant la session

Pour une base légale cantonale sur le droit de préemption et d’emption au service de l’intérêt public (26.104)

Le groupe était plus qu’unanime sur cette question. Donner à l’État un droit généralisé de préemption, c’est franchir une étape supplémentaire vers une économie où la propriété privée n’est plus un droit, mais une tolérance. Et ce type de logique a déjà produit, ailleurs et à d’autres époques, des dérives bien connues.

Motion refusée par 49 voix contre 47.

Service de protection de l’adulte et de la jeunesse (SPAJ) (25.024)

Notre groupe salue les réformes engagées, notamment en matière de gouvernance, de ressources et d’amélioration du climat de travail. Toutefois, il reste prudent face à la situation, soulignant la fragilité de ce climat, une augmentation constante des dossiers et un niveau de satisfaction encore très faible.

Motion 26.118 acceptée, non combattue. Classement de l’injonction nᵒ 1 accepté, non combattu. Classement de l’injonction nᵒ 2 accepté par 76 voix contre 14.

Absentéisme à l’école obligatoire et postobligatoire (25.190)

Pour le groupe, il est nécessaire de disposer d’une vision globale et précise de l’ampleur du phénomène dans les écoles du canton, ce qui permettra de mieux en comprendre les causes. Investir dans la prévention de l’absentéisme, c’est agir en faveur de la réussite des jeunes, de leur insertion professionnelle et de la cohésion sociale dans le canton de Neuchâtel.

Postulat amendé accepté non combattu.

Financial literacy : non à l’illettrisme financier (26.102)

Le groupe était unanime sur le principe : une éducation financière est importante. Néanmoins, pour une partie du groupe, il faudrait que l’école atteigne déjà ses buts premiers avant de lui rajouter des missions. Pour l’autre partie, elle voit d’un très bon œil une initiation régulière aux outils financiers.

Recommandation refusée par 46 voix contre 24.

Pour un accès équitable à la formation tertiaire sur l'ensemble du territoire cantonal (26.109)

La mobilité fait naturellement partie d’un parcours de formation. Lorsqu’une personne souhaite suivre des études spécialisées, elle se rend là où ces formations sont proposées. Créer ou déplacer des offres de formation dans le but de corriger artificiellement ces réalités ne serait ni réaliste, ni efficace, ni soutenable pour les finances publiques.

Postulat refusé par 58 voix contre 36.