Votations fédérales du 22 septembre 2024: oui à la LPP!

A quelques jours des votations fédérales, le conseiller national libéral-radical Damien Cottier partageait dans Libertés neuchâteloises sa position au sujet des deux objets soumis au peuple: la réforme de la LPP, adoptée par le Parlement et qui fait l’objet d’un référendum, ainsi que l’initiative sur la biodiversité.

2e pilier: être prévoyants pour notre prévoyance

Le 22 septembre, le peuple pourra renforcer le système des 3 piliers, qui fait des envieux, car il est résilient et allie solidarité (1er pilier), partenariat social (2e pilier) et responsabilité individuelle (3e pilier). La réforme de la prévoyance professionnelle (LPP) vise à moderniser le 2e pilier et à assurer sa stabilité, car avec l’évolution des marchés et le vieillissement il nécessite des adaptations. La réforme vise aussi à garantir un avenir plus sûr et équitable pour davantage d’actifs, indépendamment de leur revenu ou de leur temps de travail.

Trop souvent des personnes de plus de 55 ans en recherche d’emploi sont défavorisées par un taux de cotisation élevé. Le taux de conversion de 6,8% ne reflète plus la réalité économique et démographique. Il est nécessaire de l’ajuster à 6% pour éviter une redistribution injuste qui pénalise les jeunes, alors que le 2e pilier se base sur la capitalisation (contrairement à l’AVS, basée sur la répartition). Des mesures compensatoires sont prévues pour les personnes proches de la retraite, avec un supplément de rente sur 15 ans pouvant atteindre 200 francs par mois les premières années. Ce supplément sera financé par les caisses de pension et les cotisations. Un élément primordial pour garantir une transition équitable.

L’objectif du 1er et du 2e pilier combinés étant de conserver le niveau de vie antérieur de manière appropriée à la retraite, leurs prestations sont coordonnées. La déduction de coordination vise à éviter que le 2e pilier n’assure des prestations couvertes par l’AVS. La réforme remplacera la déduction fixe de 25’725 francs par une part variable de 20% du salaire. Concrètement, pour un salaire de 40’000 francs, la part assurée passera de 14’275 à 32’000 francs, augmentant significativement la rente LPP.

Un autre objectif est de corriger les inégalités frappant les bas revenus et travailleurs à temps partiel. La réforme facilitera l’accès au 2e pilier: aujourd’hui, seules les personnes qui gagnent plus de 22’050 francs par an auprès d’un employeur sont assurées. Les personnes qui gagnent peu ou ont plusieurs employeurs n’ont souvent pas de rente LPP, ou une petite. Cela concerne surtout les femmes. Le seuil d’entrée passera à 19’845 francs ce qui permettra d’assurer 70’000 personnes supplémentaires. Enfin, la réforme réduit les écarts de cotisations pour les travailleurs seniors. Trop souvent des personnes de plus de 55 ans en recherche d’emploi sont défavorisées par un taux de cotisation élevé. Cet obstacle sera écarté.

Le 22 septembre, nous pouvons renforcer notre 2e pilier, en assurant à la fois son financement durable et l’équité entre générations. Je vote OUI.

La Suisse doit prendre soin de sa biodiversité, pas devenir un Ballenberg géant!

Consacrer davantage de surfaces à la biodiversité et protéger davantage ces surfaces: tel est l’objectif de l’initiative biodiversité. Pourquoi cet objectif pose-t-il problème? Car la place disponible en Suisse est limitée. Il faut de la place pour produire des aliments, de l’électricité renouvelable et du bois, de la place où vivre, travailler et pratiquer des activités de loisirs.

Notre objectif principal doit donc être d’utiliser au mieux toutes les surfaces où promouvoir la biodiversité! Cette utilisation est possible partout : dans l’agriculture (où 20% des surfaces servent déjà à la biodiversité), dans les forêts, sur les plans et dans les cours d’eau, de même que dans nos villes et nos villages… La biodiversité doit trouver sa place partout et pas seulement dans des zones protégées, dans une vision doctrinaire et extrême.

L’initiative imposerait des mesures disproportionnées. Les initiants veulent faire de 30% des surfaces du pays des objets protégés pratiquement intouchables. Même si cet objectif ne figure pas tel quel dans le texte de l’initiative, il est présent dans la communication de ses auteurs. Pour atteindre cet objectif il faudrait ajouter une surface égale à la superficie des cantons de Berne, Fribourg, Neuchâtel et Soleure aux zones déjà réservées à la biodiversité ! C’est tout simplement irréaliste. Ou alors ce serait faire de la Suisse un Ballenberg géant...

Enfin, compléter la Constitution fédérale – comme le demande l’initiative – n’est pas nécessaire pour prendre soin, dans une proportion raisonnable, de la biodiversité. Aujourd’hui déjà, l’art. 2 Cst. exige de prendre des mesures pour conserver les ressources naturelles sur le long terme. Depuis 2012, la Suisse dispose d’une Stratégie Biodiversité. Celle-ci définit autour de dix objectifs stratégiques les priorités de l’engagement par lequel la Confédération veille à préserver la diversité des espèces, les écosystèmes et la diversité génétique. En 2017, le Conseil fédéral a adopté un plan d’action pour concrétiser cette stratégie.

Damien Cottier, conseiller national